Collection « Philosophie et Société »

Les Éditions de l’Université de Bruxelles

Cette collection entend contribuer à une double ouverture des disciplines « humanistes ». Du côté de la Philosophie, elle s’ouvre notamment aux grands problèmes et débats contemporains qui touchent aux conditions de reproduction des sociétés complexes, en se faisant attentive aux nouvelles attentes et inquiétudes relatives à la citoyenneté, à l’environnement, aux droits fondamentaux, aux transformations de la communication publique, au destin des nations dans le contexte de constructions politiques à visée continentale. Du côté des Sciences de la société, elle invite à prendre une distance à l’égard des tendances à une spécialisation étroite, afin de favoriser une ouverture réflexive sur leurs présupposés épistémologiques et de contribuer à un dialogue effectif entre disciplines voisines dans l’esprit d’une approche qui associe sans les confondre les descriptions empiriques et les évaluations normatives aptes à déboucher sur des propositions pratiques. Sans concession aux facilités de redondance, la collection Philosophie et société souhaite ancrer la recherche universitaire dans une perspective qui ne la coupe pas des réalités vécues. Elle est par priorité ouverte aux travaux des doctorants et des enseignants unis par la conviction que la clarté objective ne perd rien avec l’exigence conceptuelle, et rassemblés sous une même passion de saisir en profondeur les transitions qui se jouent dans le présent.

Directeurs de collection : Jean-Marc Ferry (Université Libre de Bruxelles) et Nathalie Zaccaï-Reyners (Université Libre de Bruxelles)

Dernières parutions

« La sociologie et l’oubli du monde. Retours sur les fondements d’une discipline »

Annette Disselkamp
2008

Texte de présentation: La sociologie peut-elle nous aider à penser l’éthique ? Proposant une nouvelle lecture des « pères fondateurs », d’Auguste Comte à Max Weber en passant par Emile Durkheim, ce livre revient sur leurs conceptions des liens sociaux. Cette approche non conventionnelle de leurs écrits les plus connus remet en question nombre d’interprétations qui en ont été faites pour renouveler le discours moral. L’auteur montre ainsi que dans ses versions allemande et française, la sociologie s’adosse à des métaphysiques dualistes amenant à enfermer, chacune à sa manière, les êtres humains dans une intériorité solipsiste. Le chapitre consacré à Weber constitue le point culminant de ce parcours : et si l’écrit le plus célèbre de l’histoire de la sociologie, L’Ethique protestante, illustrait une rencontre manquée entre l’exigence éthique et l’ordre temporel ? En revisitant de façon originale des classiques de la sociologie, La sociologie et l’oubli du monde ouvre sur cette invitation fondamentale et très actuelle : penser une éthique de la responsabilité, en assumant nos limites et en sachant que la liberté morale n’est pas une liberté vagabonde.

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« Argumentation et narration »

Ekaterina Kissina, Emmanuelle Danblon, Nicolas Loïc , Emmanuel de Jong
2008

Texte de présentation: Au cœur de la modernité, il serait vain de discuter le fait que l’argumentation et la narration relèvent de deux registres de discours bien distincts. D’un côté, la narration a pour fonction de représenter des événements, de donner du sens à une situation, de construire un récit auquel une communauté ou un individu peut s’identifier. Ainsi, la narration aurait pour visée première, essentielle, de donner du sens au monde, individuellement ou collectivement. D’un autre côté, l’argumentation est reconnue comme une fonction supérieure du langage, dont la visée complexe est de convaincre ou de persuader autrui, et cela, le plus souvent, en vue de lui faire prendre une décision. Pourtant, au-delà de cette distinction essentielle, les traditions philosophiques, linguistiques mais aussi psychologiques ou juridiques, n’ont jamais manqué d’observer des liens, des interactions et même parfois des rapprochements spectaculaires entre narration et argumentation. Questionner ces liens revient essentiellement à réévaluer notre vision de la rationalité, mise en œuvre par la parole publique. Au-delà d’un clivage figé et, pour tout dire, artificiel entre raison logique et émotions romantiques, se trouve manifestée une raison rhétorique qui sait mettre en récit ses arguments et incarner ses décisions dans l’expérience humaine. L’enquête qu’on va lire à travers des contributions de diverses disciplines montre très concrètement que la puissance heuristique de la narration est un levier indispensable à toute pratique de l’argumentation. Mais elle montre aussi que si les deux registres concourent ensemble à une rationalité pleinement incarnée, ils ne se confondent jamais totalement.

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« Assumer l’humanité. Hannah Arendt : la responsabilité face à la pluralité »

Gérôme Truc
2008

Texte de présentation: Sur la responsabilité, Hannah Arendt a livré des réflexions importantes mais éparses. Le versant éthique de La condition de l’homme moderne n’est explicitement développé nulle part dans son œuvre. Le présent ouvrage poursuit à partir de là un double objectif. Expliciter cette esquisse d’une éthique, en la faisant dialoguer avec celles de Karl Jaspers, Hans Jonas, John Dewey, mais aussi Paul Ricœur. Ce faisant, trouver aussi un guide pour articuler de manière efficace les multiples conceptions existantes de la responsabilité, tant en philosophie qu’en sciences sociales : responsabilité collective, responsabilité sans faute, responsabilité-dette, responsabilité-promesse, responsabilité partagée… Cet effort d’éclaircissement conceptuel est requis par les incessantes références à la responsabilité dans nombre de nos débats contemporains. Mais il offre surtout une réponse inédite à une question en apparence triviale : pourquoi certains hommes nous sont-ils étrangers ? L’humanité, selon Arendt, est constituée d’une pluralité d’êtres singuliers, tous irréductiblement distincts les uns des autres – nul n’a donc de raison de nous être plus étranger qu’un autre. Et parce que c’est au sein de cette pluralité humaine que nous agissons, nos actions ont sur les autres hommes des conséquences imprévisibles, qui excèdent toujours nos intentions. Jusqu’à quelle limite acceptons-nous alors d’être tenus pour responsables de ces conséquences que nous n’avons pas voulues ? Refuser d’avoir des comptes à rendre à certaines personnes affectées par nos actions, refuser par conséquent de nous montrer responsables à leur égard, n’est-ce pas là notre motif pour les désigner comme étrangères ? La pluralité lance donc un défi à la responsabilité : jusqu’à quel point sommes-nous capables d’assumer l’humanité ?
Préface d’Etienne Tassin.

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« Questions de respect. Enquête sur les figures contemporaines du respect »

Nathalie Zaccaï-Reyners
2008

Texte de présentation : La référence au respect est quotidienne. Au cœur des discours sur la vie sociale, la civilité, la moralité publique, elle se glisse également au sein de la vie intime et familiale. Les uns déplorent les effets de son effritement quand d’autres réclament réparation ou justice en son nom. Avancée avec un ferme sentiment d’évidence, la notion de « respect » s’avère toutefois hautement plurivoque et difficile à cerner. A la fois sentiment et exigence, elle parcourt tous les registres de l’expérience marqués par la relation à autrui. Déclinée sous différentes formes – honneur, dignité, décence, déférence, considération –, elle se meut entre l’estime de soi, le souci de l’autre et la reconnaissance mutuelle. Dans nos contextes, les compréhensions se côtoient, renvoyant tantôt à une version problématique de l’honneur social, tantôt aux intuitions et expériences morales négligées par les théories de la justice. Doit-on y voir le symptôme d’un effacement de l’autorité des aînés, d’un laisser-aller dans l’apprentissage du savoir-vivre, d’une perte de repères quant à ce qui est légitimement attendu dans l’espace public, ou encore d’une libération par rapport au carcan de la tradition et d’une émancipation à l’égard de certaines tutelles ? Ou ne serait-ce là que l’expression de l’inévitable transformation de formes de vie métissées où les attentes de comportement réciproques ne peuvent plus s’accorder sur le mode de l’évidence d’un « cela va de soi » ? Ni la référence au droit, ni celle à la tradition ne semblent recouvrir le large spectre des attentes qu’expriment ces demandes quotidiennement formulées en terme de respect. Pour ouvrir cette pluralité d’usages à l’analyse, les éclairages de chercheurs ancrés dans des disciplines comme des terrains divers sont ici sollicités. Et ce en vue de dégager non pas une définition, mais plutôt une compréhension des expériences du respect telles qu’elles se déclinent dans les sociétés démocratiques contemporaines.

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